Mouvements et forces
Un palet de masse \(m = 0{,}30\) kg glisse sans frottement sur une table à coussin d'air horizontale. On lui applique une force horizontale constante \(F = 1{,}2\) N.
- Faire le bilan des forces appliquées au palet.
- Appliquer la deuxième loi de Newton et projeter sur un axe horizontal.
- Calculer l'accélération du centre de masse.
- Que devient cette accélération si la force est doublée ? si la masse est doublée ?
a. On identifie le système, le référentiel, puis les forces extérieures.
Système : le palet. Référentiel : terrestre, supposé galiléen.
Trois forces : le poids \(\vec{P}\) (vertical, vers le bas), la réaction normale \(\vec{N}\) du coussin d'air (verticale, vers le haut) et la force appliquée \(\vec{F}\) (horizontale).
b. On écrit la relation vectorielle, puis on la projette.
La table est horizontale et le palet ne décolle pas : \(\vec{P}\) et \(\vec{N}\) se compensent, et leur projection horizontale est nulle. Sur un axe horizontal orienté dans le sens de \(\vec{F}\) :
c. On isole l'accélération.
Elle est horizontale, de même sens que \(\vec{F}\).
d. On lit la relation \(a_G = F/m\) comme une proportionnalité.
Force doublée à masse constante : \(a_G\) est doublée, soit \(8{,}0\) m·s⁻².
Masse doublée à force constante : \(a_G\) est divisée par deux, soit \(2{,}0\) m·s⁻².
💡 C'est tout le contenu physique de la deuxième loi : la masse mesure l'inertie, c'est-à-dire la résistance d'un corps à toute variation de sa vitesse.
Une luge de masse \(m = 25\) kg descend une piste rectiligne inclinée d'un angle \(\alpha = 15^{\circ}\) par rapport à l'horizontale. On prend \(g = 9{,}81\) N·kg⁻¹.
- En négligeant les frottements, calculer l'accélération du centre de masse et la valeur de la réaction normale.
- En réalité, l'accélération mesurée vaut \(1{,}8\) m·s⁻². En déduire la valeur de la force de frottement.
- Quelle inclinaison faudrait-il pour que la luge descende à vitesse constante, cette force de frottement restant la même ?
- L'accélération sans frottement dépend-elle de la masse ? Commenter.
a. Bilan : poids \(\vec{P}\) et réaction normale \(\vec{N}\). On projette sur deux axes, l'un le long du plan (sens de la descente), l'autre perpendiculaire.
Le long du plan : seule la composante tangentielle du poids intervient, \(P_t = mg\sin\alpha\).
Perpendiculairement : l'accélération y est nulle, donc \(N\) compense \(P_n = mg\cos\alpha\).
b. On reprend la projection le long du plan, en ajoutant le frottement \(\vec{f}\), opposé au mouvement donc dirigé vers le haut de la pente.
✔ Contrôle : \(f\) est positive et inférieure à \(P_t = 25\times 2{,}54 = 64\) N, sinon la luge ne descendrait pas.
c. Vitesse constante signifie \(\vec{a}_G = \vec{0}\), donc les forces se compensent exactement.
💡 C'est le cas d'équilibre : la luge glisse alors en mouvement rectiligne uniforme, ce qui ne veut pas dire immobile.
d. On regarde si \(m\) apparaît dans le résultat.
Non : \(a_G = g\sin\alpha\) ne contient pas la masse. Elle s'est simplifiée entre les deux membres, parce que le poids et l'inertie sont tous deux proportionnels à \(m\).
Sans frottement, une luge chargée et une luge vide descendent donc exactement de la même façon. 🚨 Ce n'est plus vrai avec frottement : \(a_G = g\sin\alpha - f/m\) dépend alors de la masse.
Une personne de masse \(m = 60\) kg est debout sur un pèse-personne dans un ascenseur. On prend \(g = 9{,}81\) N·kg⁻¹.
- Que lit-on sur la balance lorsque l'ascenseur est à l'arrêt ?
- L'ascenseur démarre vers le haut avec une accélération de \(1{,}5\) m·s⁻². Que lit-on alors ?
- L'ascenseur monte ensuite à vitesse constante. Que lit-on ?
- En phase de freinage à l'approche de l'étage, l'accélération vaut \(1{,}5\) m·s⁻² dirigée vers le bas. Que lit-on ? Quelle sensation éprouve la personne ?
a. À l'arrêt, \(\vec{a}_G = \vec{0}\) : les forces se compensent.
Deux forces s'exercent : le poids \(\vec{P}\) (vers le bas) et la réaction \(\vec{N}\) du plateau (vers le haut), qui est précisément ce qu'affiche la balance.
b. On projette la deuxième loi sur un axe vertical ascendant, avec \(a_G = +1{,}5\) m·s⁻².
La balance indique environ 15 % de plus : la personne se sent plus lourde.
c. Vitesse constante signifie accélération nulle.
La balance revient à l'indication du repos. 💡 On ne ressent jamais une vitesse, seulement une accélération — c'est pourquoi rien ne distingue un ascenseur qui monte régulièrement d'un ascenseur arrêté.
d. L'ascenseur monte mais ralentit : l'accélération est dirigée vers le bas, donc \(a_G = -1{,}5\) m·s⁻² sur l'axe ascendant.
La balance indique 15 % de moins : la personne se sent plus légère, avec cette sensation caractéristique de « creux à l'estomac ».
🚨 Le piège classique : croire que la sensation dépend du sens du déplacement. Elle ne dépend que du sens de \(\vec{a}_G\). Un ascenseur qui descend en accélérant et un ascenseur qui monte en freinant donnent exactement la même sensation.
Un cycliste et son vélo, de masse totale \(m = 85\) kg, abordent un virage circulaire de rayon \(R = 25\) m à la vitesse constante \(v = 36\) km·h⁻¹.
- Convertir la vitesse, puis calculer l'accélération du centre de masse. Préciser sa direction.
- En déduire la valeur de la somme des forces extérieures.
- Quelle force est responsable de cette résultante ?
- Les pneus ne peuvent fournir au maximum qu'une force latérale de \(5{,}0\times 10^{2}\) N. À quelle vitesse maximale le cycliste peut-il aborder ce virage ?
a. Conversion, puis expression de l'accélération pour un mouvement circulaire uniforme.
Le mouvement est circulaire uniforme : la composante tangentielle de l'accélération est nulle (chapitre 6), il ne reste que la composante normale.
Elle est dirigée vers le centre du virage : elle est centripète.
b. On applique la deuxième loi de Newton.
Cette résultante est elle aussi centripète, puisqu'elle est colinéaire et de même sens que \(\vec{a}_G\).
c. On passe en revue les forces en présence.
Le poids (vertical, vers le bas) et la réaction verticale de la route se compensent : leur somme est nulle. La résultante non nulle ne peut donc provenir que des frottements latéraux des pneus sur la chaussée, dirigés vers l'intérieur du virage.
💡 Sans adhérence — sur du verglas — cette force disparaît, la résultante s'annule, et le cycliste poursuit en ligne droite : il ne « part » pas vers l'extérieur, il cesse simplement d'être dévié.
d. On impose que la force nécessaire ne dépasse pas la force disponible.
🚨 La vitesse limite varie en racine carrée du rayon : un virage deux fois plus serré ne se prend pas deux fois moins vite, mais \(\sqrt{2} \approx 1{,}4\) fois moins vite.
Un mobile autoporteur de masse \(m = 0{,}50\) kg est lancé sur une table horizontale. Le coussin d'air est coupé : le mobile est freiné par les frottements. Une chronophotographie donne les abscisses suivantes, avec \(\tau = 100\) ms.
| Point | \(M_0\) | \(M_1\) | \(M_2\) | \(M_3\) | \(M_4\) |
|---|---|---|---|---|---|
| \(x\) (cm) | \(0\) | \(20{,}0\) | \(38{,}0\) | \(54{,}0\) | \(68{,}0\) |
- Calculer les vitesses \(v_1\), \(v_2\) et \(v_3\).
- En déduire l'accélération \(a_2\) du centre de masse. Le mouvement est-il accéléré ou ralenti ?
- Faire le bilan des forces et déterminer la valeur de la force de frottement.
- Au bout de combien de temps, après le point \(M_2\), le mobile s'arrêterait-il si cette force restait constante ?
a. On applique la méthode des différences finies, avec les points encadrants et \(\tau = 0{,}100\) s.
b. Même méthode, appliquée aux vitesses.
L'accélération est négative sur l'axe du mouvement : elle est de sens opposé à \(\vec{v}\). Le mouvement est donc ralenti, ce que confirment des intervalles de plus en plus petits entre les positions.
c. Bilan puis projection sur l'axe du mouvement.
Trois forces : le poids \(\vec{P}\), la réaction normale \(\vec{N}\) de la table — qui se compensent puisque la table est horizontale — et la force de frottement \(\vec{f}\), opposée au mouvement.
✔ Le signe est cohérent : une valeur de force est toujours positive, c'est son sens qui est opposé à celui du mouvement.
d. Si \(\vec{f}\) est constante, l'accélération l'est aussi et la vitesse décroît linéairement.
💡 Remarquez la démarche complète de ce chapitre : on part de mesures de positions, on remonte à l'accélération par la cinématique, puis à une force par la deuxième loi de Newton. C'est exactement ainsi qu'on mesure une force qu'aucun dynamomètre ne peut atteindre.